Bien et Mal (Septembre)

5 Déc

 

Je vous présente « Bien et Mal », une nouvelle playlist que vous pouvez télécharger, que j’ai concoctée en septembre 2010.

Voici le lien : http://www.mediafire.com/?4mn1xd2ds31an3u

 

Elle est extrêmement hétérogène. Elle contient des merveilles de funk (le classique Move on Up), des raretés hip-hop du grand MF DOOM (I Hear Voices, une version pirate jamais éditée et Some of Us Have Angels) et de Jay Dee, du jazz magnifique avec un duo entre Herbie Hancock et l’orchestre de Quincy Jones (pareil, l’album n’est jamais sorti). Il y a même des rencontres entre ces styles : la chanson « Le Bien, le Mal » est un chef d’oeuvre d’association entre de la musique jazz et hip-hop (avec un duo entre Mc Solaar et Guru).

En prime, une superbe chanson d’une chanteuse de jazz polonaise (signée chez Blue Note Records, S’il vous plait!), Day Dream, une petite transition soul hallucinée, et même une perle oubliée country. En dernière piste, une interprétation de « Nice Work if you Can Get It » par Thelonious Monk (1964).

 

Bref, que de la joie et de l’amour à écouter dans la rue, dans votre lit, dans le noctilien, bourré, etc.

GF

 

1. Guru (fr Mc Solaar) : Le Bien, Le Mal

2. Jay Dee : Crushin’ (Yeaaaaah)

3. Curtis Mayfield : Move on Up

4. Aga Zaryan : Day Dream

5. El Chicano – Viva Tirado

6. Gram Parsons & The Flying Burritos : Brand New Heartache

7. Love Unlimited Orchestra : Satin Soul

8. Herbie Hancock : Bird House

9. Sun : Time is Passing

10. Quincy Jones & Herbie Hancock : Gravy Waltz

11. Bob Dorough : Three, is The Magic Number

12. MF DOOM : I Hear Voices (Pt 1)

13. MF DOOM : Some of Us Have Angels

14. Thelonius Monk : Nice Work if You Can Get It

Et si « Mama’s Boyfriend » était la meilleure chanson de Kanye West?

17 Juin

Tremblement de terre à LA. Kanye West est au-delà de ce qu’on peut appeler furieux. Mama’s Boyfriend, sa chanson chérie, qu’il concevait tranquillement depuis longtemps, a fuité et s’est répandue partout sur le net, telle une trainée de poudre.

On connaissait depuis longtemps l’obsession un peu émouvante, très ridicule, du producteur pour sa maman. De l’album-hommage 808s And Heartbreak à ses larmes sur scène, Kanye West a toujours déversé son amour et sa tristesse au monde entier. Mama’s Boyfriend a probablement été composée et enregistrée durant les sessions de « My Beautiful Dark Twisted Fantasy » ; lui affirme qu’il en a chanté une version a capella dans un studio et que cela a été volé. « It took me 32 years of my life to write it. It means a lot to me. »

Tout cela ne sont que des paroles qui s’agitent, se relaient sur le net, dans les tabloïds ; personne ne peut vraiment différencier la rumeur de la citation, le mensonge de la vérité. La seule vérité, c’est cette chanson qui est apparue, telle qu’elle est.

Je vais vous dire mon opinion : je pense que c’est la meilleure chanson de Kanye West. Après avoir écouté tous ses albums, entre son premier album prometteur, ses égarements au vocoder, ou sa folie mégalomaniaque d’aligner le plus d’invités prestigieux dans une chanson au mépris du résultat final comme dans son dernier album, je n’ai jamais vraiment été gaga de Ye, tout en adorant quelques morceaux (School Spirit, une version live de Stronger, I Wonder…). Mais je trouve que cette chanson est merveilleuse.

Le sample, est une réminiscence pop et funk de ses meilleures productions. Une belle voix soul, un piano appuyé par des saxophones funk, soit le riff parfait pour une chanson de rap. Surtout quand c’est appuyé par un tel beat, d’une légère et entrainante simplicité. Son flow irradie de fluidité dans cet univers musical idyllique, et on comprend à son ton pourquoi cette chanson lui tient à coeur : son prononcé est rageur et posé en même temps, sensuel mais percutant, commercial mais profond. When i became my mama’s boyfriend, prononce t-il mystérieusement.

Cette excellence ne sort pas de nulle part ; Kanye West a simplement concentré ses plus belles qualités dans une seule chanson, sans fioritures, sans feats inutiles. En attendant, notre ami, désespéré par cette version, est à l’heure ou je vous écris, en train de dépenser des millions pour chercher le coupable de la fuite, et l’assassiner juridiquement.

À l’instar de la communauté musulmane qui s’est cotisée sur internet pour payer un avocat au mec qui avait balancé ses pompes sur Bush, je participerais volontiers à une cotisation qui viserai à payer un bon avocat au bienfaiteur de l’humanité qui nous a permis d’écouter cette version de Mama’s Boyfriend.

Rolling Stones, Soul et Funk

11 Mar



Des Stones, beaucoup ne connaissent que les grands hits. « Satisfaction » ; « Jumping Jack Flash » ; « Paint It Black » ; Ces hits, qui correspondent à la période de fabuleuse créativité des stones alors en compétition avec les Beatles. Et qui correspondent à la période 1ç65-69, jusqu’au désastre du concert d’Altamont et le meurtre d’un noir par le service de sécurité, marquant la fin symbolique de l’ère d’espoir hippie, autant que la fin de l’acte 1 du processus créatif stonien.

L’acte 2 est pour moi bien plus intéressant, marqué par l’apparition fulgurante du guitariste soliste Mick Taylor, aussi brillant et extravagant dans ses solos que timoré dans la vie privée. Mais, je m’écarte du sujet.

Ce groupe possède de multiples facettes ; mais je voudrais aujourd’hui vous en faire découvrir une, spécialement surprenante et accessible, que l’on soit fan d’Outkast ou de Sly and The Family Stone : leurs illuminations soul et funk. Les Stones, ce n’est pas nécessairement du rock, ou du blues syncopé. Les stones, ça peut être ça aussi. Visite chronologique d’une passion récurrente chez mon groupe préféré :

 

Partie 1 : Sympathy For The Devil (1968)

 

Je ne surprendrai personne en publiant cette chanson. C’est certes une des chansons les plus connues du groupe ; mais ce qui est intéressant, c’est que c’est la première fois que ce genre de groove fait son apparition dans leur répertoire. Mais comment les stones sont-ils passés d’une mort annoncée par les médias, après un album raté psychédélique censé concurrencer le Sergent Pepper des Beatles?

L’explication est donnée par le film « One+One » de Jean-Luc Godart. Ce dernier décide de filmer toutes les séances d’enregistrements de Sympathy For The Devil, laissant aux fans l’explication de ce chef d’œuvre. Le fan se rend compte alors, que ce groupe merveilleux vient d’un homme. Un homme providentiel, inconnu du grand public, mais qui a bouleversé la carrière des Stones : Jimmy Miller. Le nouveau producteur du groupe. Au début du film, on l’entend gueuler : « Let it groove, damn it! ». C’est lui qui, en guise de première collaboration avec Sir Jagger et Richards, les a forcés à passer d’une mièvre chanson douce à cette perle soul-funk. Le rythme de Charlie Watts commence alors à évoluer ; Miller impose deux percussionnistes de talent, on colle le pauvre bassiste Bill Wyman aux maracas, pendant que Keith Richards s’occupera de la basse. Et voila, quelques dizaines, centaines, milliers d’heures plus tard, le monde était prêt à se trémousser une première fois au son des rhytmes exotiques de ce qui restera comme la plus belle provocation des Rolling Stones.

 

Partie 2 : I Just Want To See His Face (1971)

 

Deux ans et demie plus tard, les journaliste prévoyaient une nouvelle fois la mort du groupe. Les musiciens s’étaient en effet exilés dans le sud de la France, pour y vivre une épopée de glande à coups de stupéfiants, et de travail forcené autour de leur chef d’œuvre, « Exile On Main Street ». Les musiciens y resteront en tout près de six mois. Six mois de répétitions quotidiennes pendant des heures et des heures, à jouer des dizaines de fois les mêmes chansons pour que les thèmes et les riffs rentrent dans la peau des musiciens. Cet album possède un son unique, et atteint des hauteurs inégalées dans la carrière des Stones, du fait de cette proximité incroyable et cette acharnement dans les séances d’enregistrement ; à tel point qu’ils seront incapables, par la suite d’interpréter certaines de ces chansons, tant rythmiquement elles étaient poussées.

Au cœur de cet album, il y a une chanson très mystérieuse : I just Want To See His Face. Les musiciens ne se rappellent même pas tous les instruments qui composent cette chanson. L’atmosphère brumeuse de l’album y atteint des profondeurs inégalées ; on distingue, un clavier Rhodes, joué fébrilement par un Keith Richards passionné plus que talentueux dans son jeu au clavier, quelques cris de Jagger, quelques percussions intrigantes. Et des chœurs gospels. Des choeurs féminins, magnifiques, puissants, et qui transforment cette petite chanson insignifiante, à la construction chaotique, en véritable perle gospel-funk, joyau au milieu d’Exile.

Partie 3 : Melody (1975)

 

Black And Blue est un ovni dans la carrière des Rolling Stones. Comme si, après plusieurs albums chargés émotionellement, musicalement et philosophiquement, les musiciens avaient décidé de publier un album de jam sessions, avec des amis, deux-trois guitaristes venus essayer de remplacer un Mick Taylor traumatisé par le mode de vie Stonien. Largement marqué par le pianiste funk Billy Preston, cet album dégage une impression de détente, d’improvisation, ce qui change diamétralement des autres albums, influencés par l’immense perfectionnisme de tous les membres des stones. Mon morceau préféré est Melody, un exemple parfait de cette atmosphère détendue et -enfin!- débarassée de cette espèce d’ “obligation » de performance musicale qui était attendue de ce groupe.

Partie 4 : Slave (1981)

Six ans plus tard, parait ce que certains considèrent comme le « dernier très bon album des Rolling Stones », Tattoo You, une sorte de raclage des fonds de tiroirs Stonien. Les musiciens s’attardent, à reprendre quelques ébauches de chansons des années 1970, comme par exemple Start Me Up, qu’il transforment complètement, d’une ballade reggae à cet hymne rock-80s que tout le monde connait. Mais cette chanson m’intéresse moins que la piste n°3 de Tattoo You, Slave.

Slave démarre sur un pattern rhytmique extrêmement riche, fait de cloches, de diverses percussions en plus de l’excellente batterie de Charlie Watts.  Keith Richards entame alors un de ses fameux riffs, agressifs et puissants, d’une maitrise absolue. Puis vient Mick, accompagné de plusieurs choristes (dont Pete Townshend, guitariste des Who) : Do it, do it, do it, do it ; no i won’t be your slave, no I won’t be your slave, no I won’t be your slave. Quelle claque. Et alors qu’on pensait être arrivé au bout de cette chanson, le légendaire saxophoniste de jazz Sonny Rollins fait exploser de soul et de passion les dernières minutes, dans une superbe complémentarité avec les autres instruments.

Slave est une des dernières chansons, aussi abouties musicalement, puisque les Stones après quelques tentatives disco, se fourvoieront dans un rock primaire, puis FM, avant d’essayer sans grand succès de se conformer aux dernières modes en y ajoutant des boucles et de l’électronique.

 

Partie Finale : Pass The Wine (2010)

 

La voilà, ma préférée. Comme je le disais, la fin des années 80, et les années 90 et 2000 furent des années d’appauvrissement ahurissant de la musique Stonienne, due à la baisse d’inspiration, à une succession de producteurs aux visions étranges, et surtout selon moi, à la difficulté pour les musiciens de se retrouver pour de longues durées, habitant aux quatre coins de la planète.

Mais en 2009, quelque chose se passe. Des cadres de l’entreprise Sony décrochent leur téléphone, et appellent tour à tour Jagger et Richards, leur annonçant leur ambition de sortir une nouvelle édition remasterisée de Exile on Main St, et leur demandant si ils n’avaient pas quelques inédits à leur fournir pour créer un cd bonus. Les deux vieux compères se mettent alors à chercher dans les archives de cet été d’exil à Villefranche-sur-Mer quelques cassettes oubliées. C’est alors qu’ils dénichent, parmi les innombrables enregistrements, dix joyaux. Mais au lieu de les livrer tels quels aux fans, ils décident de les retravailler, en ajoutant une guitare, un chant par-ci par-la. Mick Taylor est invité sur Plundered My Soul ; une magnifique vidéo est réalisée a-à l’occasion de la ballade Following The River.

Et surtout. Pass The Wine. La première chanson se révèle être la meilleure surprise stonienne de ces trente dernières années. Sur un beat incroyable de Jimmy Miller (qui était un excellent batteur, qui a d’ailleurs joué sur les hits Tumbling Dice, Happy, You can’t always get what you want…), sur d’excellentes guitares imbriquées de Keith Richards, Mick Jagger pose un chant d’un groove absolument merveilleux. Des choristes viennent parfaire une chanson déjà magnifiée par quelques cuivres, et le piano jazz de l’inoubliable Nicky Hopkins.

Pass The Wine est aujourd’hui une de mes chansons préférées du groupe ; comme quoi, que ce soit en 1963 ou en 2010, les Rolling Stones trouveront toujours le moyen de surprendre leur public et d’écrire l’Histoire de la musique.

 

 

Galliano et la morale populaire

5 Mar



Galliano et la morale populaire

Consternant est un faible mot. Faible pour décrire le torrent de haine et de vindicte qui s’est abattu sur le créateur de mode John Galliano depuis ses propos racistes dans un bar parisien. Faible pour décrire l’attitude de la maison Dior, qui ayant profité de ses créations génialement excentriques pendant plus de quinze ans, l’a complètement et absolument abandonné au moloch médiatique. Faible enfin pour décrire la petitesse et la décadence d’une société qui s’est emparé de cette vidéo du Sun pour avoir un support à fixation d’une frustration et d’un sadisme refoulé.

Quels sont exactement les faits reprochés ? Des mots de Galliano, injurieux, raciste à l’encontre d’un couple jeudi dernier ; un autre couple s’est d’ailleurs rajouté aux plaignants. Aucun témoin dans le bar n’a confirmé les propos de Galliano mais selon la vidéo du tabloid The Sun, il est impossible de réfuter ces propos. Que voit-on d’ailleurs, dans cette vidéo ? Un homme pathétique, seul, terriblement ivre, balancer quelques propos provocateurs pour choquer la gallerie. Il déclare notamment « I love Hitler ! » .

Mais qui peut croire qu’il s’agit vraiment d’antisémitisme ? Pour moi, c’est presque l’inverse de cela. L’antisémitisme, c’est plutôt la nièce de Christian Dior que l’on voit tenir des propos hallucinants dans cette vidéo. Celui qu’on voit dans cette vidéo en vérité, c’est un Renaud Séchan, un Serge Gainsbourg, à la fin des années 1980, après dix verres de Pastis seul dans une boite de nuit.

Et que dit-on de Gainsbourg, en ce moment, apôtre de la provocation, celui qui chantait le « Nazi Rock », et la marseillaise à des militaires en concluant sur un salut fasciste, qui brûlait des billets de banque à la télé ? On le célèbre partout, pour le film de Sfar, pour les vingt ans de sa mort, chez les disquaires, au cinéma, à la télé, et dans les exacts mêmes médias que ceux qui détruisent John Galliano. L’hypocrisie est tellement flagrante que c’en est à en pleurer de dégout.

Je ne m’intéresse pas particulièrement à la mode et aux créateurs, j’ai donc découvert Galliano en même temps que cette histoire. Mais que trouve t-on dés qu’on gratte un tout petit peu, au dela de ces quasi-insultes médiatiques et populaires ? Un homme extraordinairement intelligent et brilliant, diplomé de la prestigieuse St Martin’s School de Londres, qui a déchainé les passions pendant quinze ans. Je ne peux que vous inviter à regarder ses interviews sur son site officiel ; c’est avant tout un créateur passioné, un travailleur acharné, quelqu’un qui aime son travail et qui ne s’arrête jamais. Je n’avais jamais vu de défilé en entier, seulement les extraits qui passaient à la télé, et j’ai été impressioné de la beauté et l’imagination de ses costumes et de la mise en scène.

Que perçoit-on derrière cette ultraviolence générale ? Un retour à une morale de société, maladive et terriblement vénéneuse.

C’est effrayant, vraiment.

À voir : son défilé d’hier, qu’on décrit comme particulièrement sobre et émouvant.

Power in Numbers, l’humanité des cinq.

24 Fév

Jurassic Five, album « Power in Numbers » (2002)

 

Power in Numbers commence par la même ligne de basse, que celle qui a terminé l’ultime chanson du précédent album. Une ligne de contrebasse très aigue, jazzy, envoutante et lance de la meilleure façon un de mes albums de rap préférés.

Le groupe de rap américain Jurassic Five est surtout connu pour ses deux autres albums, « Quality Control » qui est une référence, et « Feedback », le plus récent, un peu plus commercial avec un bon nombre de guest stars. Mais personellement, c’est Power in Number, qui se situe entre les deux, qui me plaît le plus.

Il est certainement le plus difficile à appréhender, avec moins de « hits » frappants que les autres, mais c’est le plus profond, et le plus intriguant. Les instru jazzy sont très nombreuses, de l’incroyable ligne de basse de l’intro (« This in ») au piano groovy de « If I Only Knew », les beats sont simples, mais se fondent incroyablement bien sur la musique tout en rendant percutants le flow des quatre compères. Des guitares électriques et des vraies batteries font leur apparition vers la fin de l’album, rendant le son encore plus authentique et puissant.

Les chansons développent des thèmes humanistes, avec des flows intelligents et réfléchis. Elles se font écho, et correspondent très bien avec la (magnifique) pochette de l’album, une forte image de communion entre les spectateurs d’un gigantesque concert. De « Freedom », à « A Day At The Races » en passant bien sûr par « I Am Somebody », les flows délivrent un message revendicatif, libertaire et optimiste.

Mais ce que je préfère, à l’écoute de Power in Numbers, c’est la passionante atmosphère fiêvreuse qui prend l’auditeur du début à la fin. Les dix-sept chansons forment un tout presque indissociable, et exhalent une quantité infinie d’images et d’impressions. Le thème funky de « I am somebody » et son refrain chanté par un coeur immense, donne l’impression d’être au coeur du concert proposé par la pochette. Et c’est le cas pour beaucoup des morceaux : les instru simples,à base d’instruments réels, les flows fiêvreux, les samples de discussion, les influences africaines, indiennes pour les rythmes et les mélodies tout autant que americano-britannique pour les flows ; tout semble donner une impression d’improvisation, et de grande maîtrise à la fois. C’est un art d’être spontané tout en se reposant sur de solides connaissances musicales, une connexion particulière avec les autres musiciens, et bien sur des jours de travail, tout en restant aussi cohérent dans sa démarche artistique.

En parcourant l’album, on tombe tantôt sur un dialogue entre un enfant et un musicien non-identifé, sur un magnifique slam d’une minute, sur des réminiscences de Minnie Riperton, de Ray Manzarek et d’Ennio Morricone. C’est d’une richesse absolue, on ne cesse de redécouvrir de nouveaux détails, ajoutant à l’ambiance mystérieuse et faussement sobre.

Les Jurassic Five finissent traditionellement leurs albums sur une chanson instrumentale, très rhytmée. Ici c’est « Acetate Prophets » et ses milles samples, le tout porté par des multiples rhytmes qui s’enchainent merveilleusement.

Power in Numbers est je pense, l’album de Jurassic Five qui vieillira le mieux. Sa richesse et sa longueur peut rebuter certains, mais à la longue, c’est celui qui révèle le plus de richesse, d’originalité, en plus d’une certaine perfection rhytmique. La complicité entre Cut Chemist et les quatre rappeurs est à son paroxysme, et je crois sincèrement qu’on parlera de cet album dans trente ans comme un pillier du hip-hop, et un des meilleurs albums de rap des années 2000, loin du faste et des cultes égocentriques de Kanye West et Jay-Z.

Humanisme, mélancolie et talent sont les maitres-mots de Power in Numbers, qui est, je pense, une référence pour tout artiste, un album superbement cohérent et profond au même titre que Abbey Road des Beatles, ou Electric Ladyland de Hendrix à leur époque.

 

A Day At The Races et son envoutante ligne de basse.

If You Only Knew et son instru jazzy.

le sample funk de « Freedom »

 

I Just Took A Limoncello ! August 10.

30 Jan

LIEN DE TÉLÉCHARGEMENT : http://www.megaupload.com/?d=QCMAX350

Bonsoir,

Je vous présente une playlist que j’ai préparée en aout dernier. « I Just Took A Limoncello ! » est un titre dont l’origine restera mystérieusement secrète, mais ce que je peux vous dire, c’est que les morceaux ont été sélectionnés dans la chaleur torride de l’été, dans le tumulte mou et languissant de l’exil d’Housanoway dans le sud de la France, pour quelques concerts sur les plages.

Beaucoup de funk, et de chansons très rhytmées, très énergiques. Cette playlist est certainement faite pour danser et se trémousser, mais quelques perles cachées sauront attirer votre attention. Je vais faire quelques commentaires sobres, mais je pense que votre appréciation doit avant tout rester indépendante de la miennes (donc, n’attachez pas beaucoup d’importance à ce qui va suivre)

J’ai choisi l’introduction du nouvel album électronique du pianiste de jazz Laurent de Wilde pour entamer cette playlist ; loin de l’atmosphère joyeuse et entraînante des autres chansons, cette très courte « intro » est une hypnotisante mélodie de piano, magnifiée par les grésillements électroniques de Otisto 23, véritable magicien de la transformation musicale. On trouve également ici quelques monuments bien-connus du funk et de la soul, tel le classique de James Brown, « Funky President », « California Soul » de Marlena Shaw, « Young, Willing and Able » de Minnie Riperton, « Make Me Believe in You » de Patti Jo, ou encore l’incroyable « Keep on Jumping » de Musique.

Vous trouverez également une hallucinante parenthèse de Michel Polnareff : « Voyages », morceau instrumental aussi riche que groovy. Une version très puissante et funky de « Light My Fire » saura impressioner les non-puristes des Doors, ou bien y compris eux, peut être.

Du côté des stones, je vous ai déniché quelque chose de très spécial : un morceau pirate enregistré par Keith Richards en 1978 à Toronto, dans lequel il reprend grossièrement mais d’une manière terriblement émouvante un titre d’un ami musicien mort quelques années plus tôt, « Your Angels Steps Out of Heaven Each Nights » ; son ami Ronnie Wood l’accompagne à la lap steel Guitar ; le résultat est très simple, mais extrêmement touchant.

Après vous être ennivré de quelques intenses apparitions de mes dieux (Labbi Siffre, Gil Scott-Heron, Donny Hathaway) et après quelques autres surprises tout aussi intenses, la playlist se fermera sur le magnifique morceau « Where do you go to my lovely » de Peter Sarstedt, présent notamment dans le court-métrage qui précède l’excellent film « À bord du darjeeling limited ». Je ne me rappelle pas du nom du réalisateur, mais on s’en fiche, cette chanson est formidable.

Allez, sans plus attendre, voici la liste :

1. Laurent de Wilde & Otisto 23 : Intro

2. The Bar-Kays : Soulfinger

3. The Dandy Wharols : The Dandy Wharols Love Almost Everyone

4. James Brown : Funky President (people its bad)

5. Donny Hathaway : Voices Inside (everything is everything)

6. The Faces : Stay With Me

7. Gil Scot-Heron : Gun

8. Julian Joseph : The Other Side Of Town

9. Keith Mansfield : Funky Fanfare

10. Klaus Wunderlich and his new pop organ sound : Let’s Do The Latin Hustle

11. The Korgis : Everybody’s Gotta Learn Sometimes

12. Labbi Siffre : The Vulture

13. Marlena Shaw : California Soul

14. Michel Polnareff : Voyages

15. Minnie Riperton : Young, Willing and Able

16. Musique : Keep On Jumping

17. Patti Jo : Make Me Believe in You

18. Shirley Bassey : Light My Fire

19. The Rolling Stones : Your Angels Steps Out Of Heaven

20. Peter Sarstedt : Where Do You Go To My Lovely

Voila, bonne écoute, n’hésitez pas à m’écrire pour me faire part de vos impressions, ou si vous voulez en savoir plus sur une des chansons !

Route of Blues : July 10.

21 Déc

Lien de téléchargement : http://www.megaupload.com/?d=6V3SJA48

Bon, j’ai décidé de braver tous les codes de l’informatique et de la propriété intellectuelle, pour vous offrir discrètement quelques playlists que j’ai concotées depuis cet été. Oui, c’est mal. Mais tant pis.

La première s’appelle « Route of Blues », je l’ai faite dans mes recherches sur le doc « United States of Obama » sur arte pour lequel j’ai bossé cet été. C’est la playlist la plus longue, vu que je passais mon temps à écouter de la musique. 25 morceaux assez différents, certains plus rares que d’autres. J’espère qu’elle vous plaira.

Voici la liste :

1. The Roots ; A piece of light

2. Googie Rene : Smokey Joe’s LA

3. Chubby Checker : The Twist

4. Herbie Hancock : Wiggle Waggle

5. Onra : Long Distance

6. Tomorrow : Space

7. Infected Mushroom : Elation Station

8. The Isley Brothers : That Lady

9. The B-52s : Love Shack

10. Jake & Elwood : Everybody Needs Somebody To Love

11. Jimmy Bo Horne : (Let me) Be Your Lover

12. Junior Murvin : Police & Thieves

13. William de Vaughn : Be Thankful for What You Got :

14. Ratatat : Loud Pipes

15. Machine : There But For The Grace of God Go I

16. The Rolling Stones : Send it to me

17. The Rolling Stones : Act Together

18. Ron Wood : Act Together

19. Ron Wood : Sure The One You Need

20. The Roots : Walk Alone

21 : The Roots : Doin It Again

22 : A Tribe Called Quest : I’m Gonna Love You

23. Little Richard : The Rill Thing

24. The Faces : Just Another Honky

25. Bill Withers : I Can’t Write Left Handed

La liste s’ouvre sur A Piece Of Light,  l’intro incroyable du nouvel album des Roots, courte et brillante au niveau de la composition.Et enchaîne sur plusieurs morceaux très énergiques et funky, « Smokey Joe’s La », véritable perle et « Wiggle Waggle » de Herbie Hancock. Plus loin, et plus dur à écouter, on retrouve Infected Mushroom, duo israelien plus difficile à écouter, mais qui présente ici un morceau beaucoup plus lyrique que les autres, sans perdre de caractère. « That Lady » jusqu’à « Let me be your lover » sont de magnifiques chansons d’amour funky. « There But For The Grace of God » est juste un chef d’oeuvre oublié du disco, et « Act Together » est une magnifique chanson composée par les rolling stones en session, puis donnée à Ron Wood pour son album solo, d’où les deux versions. Enfin, la liste se clôt sur un superbe hymne soul interprété par ce cher Bill Withers.

Rien d’autre à dire, la musique parle d’elle même. Enjoy !