Mick Taylor – Portrait (1969-1974)

17 Juin

Mick Taylor (portrait) 1969-1974

J’ai aujourd’hui envie de consacrer un portrait post-mortem au plus imaginatif des musiciens du plus grand groupe de rock’n’roll de tous les temps, les Rolling Stones. Pourquoi post-mortem tout d’abord ? Simplement parce que depuis sont départ du groupe en 1974, sa carrière musicale meurt à petit feu.

Mick Taylor est avant tout un jeune homme à côté de la plaque lorsqu’il intègre les Stones en 69, prenant la place de guitariste soliste d’un Brian Jones en proie aux troubles les plus effroyables. Loin de l’inoxydable fureur de vivre de Mick Jagger, de la férocité sauvage de Keith Richards et encore plus de la tranquillité de Watts & Wyman . Avec ses 5 ans en moins, son regard toujours perdu, sa manière de déambuler comme un fantôme, il fait plutôt pâle figure comparé à son prédécesseur, charmeur accompli et musicien charismatique. Comment un tel rêveur a t-il pu trouver sa place dans ce groupe aussi choquant, aussi violent dans ses paroles et dans ses provocations que sont les Stones en 69 ? Après une période de vide, serait-ce le déclin, la véritable fin du mythe des 60s, mourant avec l’idéologie utopiste hippie, se demandent critiques et fans.

C’est bien le contraire. Si sa participation est plutôt faible sur l’album culte « Let It Bleed », qui reste l’œuvre absolue de l’autre guitariste, Keith Richards, le génie se dévoile sur le suivant, Sticky Fingers (1971), consideré par beaucoup  comme le meilleur album du groupe. Son solo funk accompagnant le saxophone sur « Can You Hear me Knocking » est un trésor de finesse et de justesse, laissant le sax s’exprimer et en le complètant magnifiquement ; Sur « Wild Horses » il fait pleurer sa guitare, magnifiant le chant de Jagger. Sa participation augmente encore sur l’album d’après, « Exile On Main St » (72). Taylor sort le bottleneck et sort le grand jeu sur « All Down The Line » et sur l’ensemble de l’album. Sur « Goat Head Soup » (73) nous envoie au ciel avec ses glissendos sublimes dans « Silver Train ». Enfin, « It’s Only Rock’n’Roll » (74), dernier album avec ce monsieur, nous permet de découvrir ses élans poétiques les plus profonds, notamment sur « Til The Last Goodbye » et « Time Waits for No One ».

Mais son véritable talent se révèle lors des concerts. Si sa participation aux albums est plutôt pudique et discrète, Taylor fait rugir son instrument comme jamais lors des tournées de 72 et 73 ; Inventant de nouvelles parties constamment, bottleneck et vibratos à l’appui ; De la légendaire version de Sympathy for The Devil sur « Get Yer Ya-Ya’s Out » à la transe extatique de Midnight Rambler en passant par « Street Fighting Man » réinventée et aux envolées improvisées de « Brown Sugar » : Bref, un virtuose, un génie d’un lyrisme absolu dans un groupe de brutes.

Taylor restera très peu de temps au sein du groupe. 5 ans sur près d’un demi-siècle d’existence des Rolling Stones. Inutile de dire que depuis son départ, le groupe n’a jamais réussi à freiner la fuite de leur créativité. Ronnie Wood, son remplaçant depuis 75, est très sympathique, mais jamais il n’a pu égaler sur le moindre morceau studio ou live, les performances de Taylor. Sa participation reste une légende qui aura eu raison du groupe. Plus rien ne sera plus jamais comme avant. On l’a bien constaté par la suite.

A écouter : STUDIO :

– « Can’t You Hear me Knockin’ ? » (Sticky Fingers)
– « Sway » (Sticky Fingers) : le solo à la guitare slide.
– « Wild Horses » (Sticky Fingers)
– « All Down The Line » (Exile On Maint St.)
– « Silver Train » (Goat Head Soup)
– « Winter » (Goat Head Soup)
– « ‘Til The Last Goodbye » (It’s only rock’n’roll)
– « Time Waits For No One » (It’s Only Rock’n’Roll)
– « Fingerprint files » (It’s Only Rock’n’Roll) – Taylor met au point peut être la ligne de basse la plus funky de toute l’histoire des stones.

Mick Taylor, Charlie Watts

LIVE
– « Sympathy for The Devil » (Get Yer Ya-Ya’s Out ; live officiel)
– « Midnight Rambler » (Brussel Affair ; live pirate)
– « Street Fighting Man » (Brussel Affair ; live pirate)
– « Rip This Joint » (Brussel Affair ; live pirate)
– « Brown Sugar » et « Honky Tonk Women » (live pirate inconnu sur lequel je suis tombé par hasard datant de 72 ; la meilleur prestation de Taylor selon moi. Réclamez-la moi, je vous l’enverrai avec plaisir)

Article écrit le 14 décembre

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