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Et si « Mama’s Boyfriend » était la meilleure chanson de Kanye West?

17 Juin

Tremblement de terre à LA. Kanye West est au-delà de ce qu’on peut appeler furieux. Mama’s Boyfriend, sa chanson chérie, qu’il concevait tranquillement depuis longtemps, a fuité et s’est répandue partout sur le net, telle une trainée de poudre.

On connaissait depuis longtemps l’obsession un peu émouvante, très ridicule, du producteur pour sa maman. De l’album-hommage 808s And Heartbreak à ses larmes sur scène, Kanye West a toujours déversé son amour et sa tristesse au monde entier. Mama’s Boyfriend a probablement été composée et enregistrée durant les sessions de « My Beautiful Dark Twisted Fantasy » ; lui affirme qu’il en a chanté une version a capella dans un studio et que cela a été volé. « It took me 32 years of my life to write it. It means a lot to me. »

Tout cela ne sont que des paroles qui s’agitent, se relaient sur le net, dans les tabloïds ; personne ne peut vraiment différencier la rumeur de la citation, le mensonge de la vérité. La seule vérité, c’est cette chanson qui est apparue, telle qu’elle est.

Je vais vous dire mon opinion : je pense que c’est la meilleure chanson de Kanye West. Après avoir écouté tous ses albums, entre son premier album prometteur, ses égarements au vocoder, ou sa folie mégalomaniaque d’aligner le plus d’invités prestigieux dans une chanson au mépris du résultat final comme dans son dernier album, je n’ai jamais vraiment été gaga de Ye, tout en adorant quelques morceaux (School Spirit, une version live de Stronger, I Wonder…). Mais je trouve que cette chanson est merveilleuse.

Le sample, est une réminiscence pop et funk de ses meilleures productions. Une belle voix soul, un piano appuyé par des saxophones funk, soit le riff parfait pour une chanson de rap. Surtout quand c’est appuyé par un tel beat, d’une légère et entrainante simplicité. Son flow irradie de fluidité dans cet univers musical idyllique, et on comprend à son ton pourquoi cette chanson lui tient à coeur : son prononcé est rageur et posé en même temps, sensuel mais percutant, commercial mais profond. When i became my mama’s boyfriend, prononce t-il mystérieusement.

Cette excellence ne sort pas de nulle part ; Kanye West a simplement concentré ses plus belles qualités dans une seule chanson, sans fioritures, sans feats inutiles. En attendant, notre ami, désespéré par cette version, est à l’heure ou je vous écris, en train de dépenser des millions pour chercher le coupable de la fuite, et l’assassiner juridiquement.

À l’instar de la communauté musulmane qui s’est cotisée sur internet pour payer un avocat au mec qui avait balancé ses pompes sur Bush, je participerais volontiers à une cotisation qui viserai à payer un bon avocat au bienfaiteur de l’humanité qui nous a permis d’écouter cette version de Mama’s Boyfriend.

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« Just The Two Of Us » : La magie sort de la basse.

3 Juil

Tout le monde connaît « Just the Two of Us ». Tout le monde. Même ceux qui ne le savent pas. Ce grand tube R&B gravé dans les eighties,  avec son intro si étrange, son couplet si original, son refrain si reconnaissable, ses percussions soft, cette voix inimitable, est rentré dans la le panthéon des mythiques chansons romantiques.

Rarement une chanson n’aura créé autant de sentiments contrastés ; Pour certains, c’est le plus grand stéréotype et la plus ennuyeuse banalisation de la chanson d’amour, une chanson qui évoque immédiatement les couchers de soleils rose et les plages californiennes. Pour d’autres, c’est le classique obligatoire qu’il faut se taper à toutes les soirées ; Enfin pour les derniers, la chanson évoque le moment amoureux le plus sincère et le plus marquant ; Tout dépend du contexte ou on l’a entendue pour la première fois.

Quelqu’un se demandait quelque part comment cette chanson pourtant de construction si classique pouvait être devenue à ce point légendaire. Je pense que l’élément le plus important de cette chanson, ce qui rajoute le piment, c’est la basse. Des profondes notes graves de l’intro, d’une délicasse funky  tel qu’on n’en fera plus jamais, jusqu’au slap léger du refrain, la basse porte le morceau, lui donne sa dimension tragique et sensuelle, laisse une empreinte inconsciente dans l’esprit de l’auditeur.

Évidemment, le morceau ne repose pas que sur la basse. Évidemment, « Just The Two of Us », c’est avant tout une complicité entre la sensibilité de Bill Withers et la finesse des percussions. Mais pour moi, le rêve sort de la basse.

I see the crystal raindrops fall
And the beauty of it all
Is when the sun comes shining through
To make those rainbows in my mind


« Le Pudding À l’Arsenic » est-elle la meilleure chanson de tous les temps?

17 Juin

« Le Pudding à l’Arsenic » est-elle la meilleure chanson de tous les temps ? (17 mai 2010)

Si les années 2000 en musique ont été secouées par quelque chose, c’est bien par le hip-hop. Sous toutes ses formes ; Par les Mcs, par les DJs, et bien entendu par les producteurs. Parmi ce style de musique incroyablement vaste il existe une branche qui me passionne beaucoup plus que les autres, et qui s’est développée entre les 90s et maintenant : Le Hip-Hop/Jazz. C’est ainsi que des maîtres tels que A Tribe Called Quest, Gangstarr, Jay Dee ou autres Madlib, pionniers américains qui combinent les trois jobs, font traverser au genre un véritable âge d’or, et ont inspiré de nombreux disciples à travers le monde.

La France dans tout ça ? Cocorico, l’année 2009 nous a (enfin) amené quelques perles et nous a rappellé que la french touch dans la musique électronique, c’était pas du vomi de chat. C’est ainsi qu’on a vu débouler des merveilleux artistes tels que Caravan Palace, qui nous ont concocté une euphorisante potion magique à base de musique tzigane et des beats hardcore et Onra, élève assumé du susnommé Jay Dee qui a mélangé des sonorités vietnamiennes pop avec ses beats home-made pour notre plus grande jouissance.

Et puis il y a eu Léo. Léo le Bug, membre de l’impressionnant collectif Chinese Man, qui nous a délivré cette même année un album assez étrange, avec sa couverture tout aussi intrigante. Les morceaux, extrêmement variés, se laissent écouter, sans pour autant marquer particulièrement le cœur et l’esprit. Et puis vient la chanson dite du « Pudding à l’arsenic ».

Souvenez-vous quand vous étiez enfant. Il y a bien un dessin animé que vous avez tant regardé que la cassette a fondu dans votre lecteur JVC. Je parle bien sur de « Astérix et Cléopâtre », cette petite merveille animée (et non le film des Nuls, par ailleurs excellent). Ce que nous a fait ce petit Léo, c’est de nous extraire quelques dialogues et quelques éléments de LA scène magistrale du film : la préparation du pudding empoisonné destiné à tuer les gaugau.

Léo ajoute à cela un beat envoûtant, le rap frais comme la brise de Grand Master Flash et le tout est orchestré à la perfection. Nous avons une chanson sur laquelle les gens ne peuvent s’empêcher de se trémousser à moins d’être sans cœur ou cul-de-jatte. Électrisante, euphorisante, elle distille une certaine folie chez les gens qui l’écoutent et en plus, elle met tout le monde de bonne humeur.

Bref, même si le concept de « meilleur chanson de tous les temps » est un concept aussi vide de sens qu’une élucubration d’Obélix, « Le Pudding à l’Arsenic » reste une des seules chansons récentes pour lesquelles on est prêt à hurler notre amour, transis de passion, et c’est en tout cas certainement une des chansons les plus enthousiasmantes des ces dernières années. Bien joué, mec !

La chanson :